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VISITE DE L'EXPOSITION « L'ENVERS DU DECOR »

à la Comédie Française et à l'Opéra de Paris au XIXème siècle

Centre national du costume de scène de Moulins Lundi 2 avril 2012

Pour une fois, la caserne de cavalerie du XVIIIème siècle, transformée en musée, ne donnait pas à voir des costumes de théâtre mais les décors ou, plus exactement, l'envers du décor. Huit vitrines animées présentant chacune le décor reconstitué d'un opéra, « Le siège de Corinthe » ou « Moïse » de Rossini, « Robert le Diable » de Meyerbeer, « Aïda » de Verdi, « La juive » de Halévy... ou d'une pièce de théâtre « Hernani » drame de Victor Hugo, « Chatterton » d'Alfred de Vigny... et autour de chacune de ces vitrines, des dessins, aquarelles, huiles, esquisses de décors, des maquettes des éléments de la scène et des coulisses, des systèmes de déplacements des décors, des trucages... bref, de tout ce qui, derrière le rideau de scène sur le plateau et dans les dessous, permettait alors d'animer le spectacle.
Ainsi, dans le ballet « La Sylphide », sur une musique de Schneitzhoeffer et une chorégraphie de Taglioni, le public voyait pour la 1ère fois une danseuse en jupe mi-longue en gaze, annonçant le futur tutu, développer une nouvelle technique faite de grands jetés, arabesques et pour finir, un envol spectaculaire, pendue à un filin peint en noir pour être le moins visible possible. Désormais, non seulement les artistes pourraient surgir du plancher de la scène mais ils pourraient aussi s'envoler dans les airs. Le procédé de vol le plus étonnant du XIXème siècle fut celui de « la mouche d'or » : le comédien était suspendu grâce à plusieurs fils en caoutchouc pour simuler un vol à la verticale, en oblique ou pendulaire.
Cette nouvelle mode a suscité l'apparition d'un nouveau métier, celui de décorateur. Parmi les plus célèbres, Jean Baptiste Isabey, peintre, dessinateur, décorateur, élève de David et son gendre Cicéri qui a formé la plupart des décorateurs des années 1830.
Autre personnage essentiel pour la bonne marche du théâtre : le directeur qui n'était pas, comme de nos jours, issu du monde du spectacle : ainsi le docteur Véron, piètre médecin mais directeur-entrepreneur à l'opéra qui avait un sens aigu des affaires ou le baron Taylor, destiné initialement à une carrière militaire mais qui préfèra de loin les batailles littéraires, qui prit la direction de la Comédie française en 1825, défendit les idées nouvelles des romantiques et permit la création d'Hernani dont la 1ère a vu la bataille mémorable que l'on sait entre les anciens et les modernes !
Une dernière salle montre « les dessous », 1, 2 ou 3 niveaux sous le plateau où se tiennent le souffleur et les pompiers et où sont entreposés les systèmes actionnés par les machinistes pour produire des effets spéciaux, éclairages, éclairs tonnerre, pluie, vent... et les trucs permettant de créer de la magie sur scène. Notre visite, sous la conduite d'une guide très compétente a duré 1 h.30 mais il en aurait fallu beaucoup plus pour détailler toutes les vitrines, lire les commentaires qui accompagnaient les maquettes, comprendre le fonctionnement des machineries... Une exposition inattendue et originale.

Anne Marie Berrod


Photo du groupe prise par Michèle Calmels

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