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Deux exemples de don :
les collections africaines de Vergiat et Fredric
par Sandrine Ray

Jeudi 16 avril 2015 – Musée Joseph Déchelette de Roanne

Le petit groupe d’habitués de ces rencontres bimestrielles s’est retrouvé sous les combles dans « le coin d’Afrique du musée où la collection d’une cinquantaine de masques des tribus Yoruba et Momo, d’objets divers et de photographies a trouvé sa place à l’initiative d’un précédent conservateur, Madame Bourret ».
Prenant prétexte de la présentation de ces curieuses figures de bois qui ornent les murs, Sandrine Ray a explicité la notion de « don : un acte qui relève de la patience pour collecter et de la générosité du donateur » qui accepte de se dessaisir de sa collection parce qu’il éprouve « le besoin de partager une passion »… Le don à un musée permet encore « de pérenniser les œuvres… de faire circuler le patrimoine... de faire connaître d’autres cultures… ».
Comment se sont constituées les collections de notre musée roannais ? Le plus grand donateur est bien sur Joseph Déchelette. Mais avant lui, « le premier concepteur a été Monsieur Lapierre, professeur de l’ancien collège des Jésuites … L’archéologue Fleury Mulsant installe la collection dans l’Hôtel de ville. Plusieurs autres, le docteur Frédéric Noëlas, Raoul Chassain de la Plasse …, ont participé à l’enrichissement de la collection par des achats, des trocs… Puis sont venues, à la fin du XXème siècle les dons de collections africaines de Messieurs Vergiat et Fredric.
Antonin Marius Vergiat (1900-1983), photographe envoyé en Afrique centrale, « découvre les pigmés, leurs nombreux rituels ancestraux et réalise des photographies qui pérennisent les dernières manifestations culturelles et cultuelles de ces populations ». « Pionnier de la photo ethnographique » il pense que : « L’être humain est le même sous tous les cieux ».
Georges Fredric, quant à lui, docteur en pharmacie, travaille pour le service des armées. Au Bénin, il entre en contact avec des chamans est s’intéresse aux vertus des plantes. Pratiquant « la collecte dans l’échange, recettes contre masques, au cours de ses rencontres, il finit par se passionner pour cet art et ses concepts ». Il ramènera une cinquantaine de masques ainsi que divers objets. Et en fera don au musée en 1989.
Le visiteur est récompensé de son effort, lorsque, après avoir gravi deux étages d’escaliers, il arrive dans deux salles claires, où il découvre toutes ces oeuvres, bien mises en valeur, accompagnées de textes explicatifs concis. Un dépaysement assuré …
Les A2MR remercient les responsables du musée, en particulier Sandrine Ray, de leur accueil.

(Anne-Marie Berrod)


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