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MARIE CURIE ou LA SCIENCE FAITE FEMME

Conférence de Michèle Calmels

Jeudi 31 mars 2016

 

Conférence sur Marie CurieCette année, les A2MR ont marqué « La journée de la femme » par un hommage à une femme d’envergure Marie Curie. Pour la partie scientifique, Michèle Calmels s’était assurée la collaboration de Madame Suzelle Ravaux, médecin chef du service de radiologie  du centre hospitalier de Roanne. Tandis que le traditionnel partenariat avec le lycée Carnot était assuré pour la 4ème année par les jeunes lycéennes de la section Bac. Pro. « Métiers de la mode » qui, accompagnées de leurs professeurs, Brigitte Dumoulin et Caroline Péruchot, ont présenté une de leur réalisation vestimentaire sous la forme de robes des années 1930.

 

 

« Marie Curie, la scientifique la plus illustre du monde. Véritable icône nationale. Héroïne de la science, entièrement dévouée à ses recherches… femme modeste penchée sur ses éprouvettes dans un hangar humide… elle conjugue timidité et assurance», tels sont les mots d’introduction de la conférencière.

« La seule personne que le succès n’ait pas corrompu… » dira Albert Einstein.

 

Les choses n’avaient pourtant pas très bien commencé. Après une éducation très complète, la jeune Maria Slodowska, née en Pologne en 1867, cherche du travail.

Elle finira par rejoindre sa sœur à Paris et, là, tout s’accélère, licence de physique puis de mathématique, reçue 1ère à l’agrégation de physique.

Entre temps, elle rencontre Pierre Curie avec qui elle partage le même idéal  « travailler et faire avancer la recherche scientifique ».

Dès 1900, les découvertes s’accumulent et, avec elles, les récompenses. Cinq prix Nobel  seront attribués à la famille, Pierre, Marie, Irène leur fille et son mari Frédérique Joliot. En 1906, la mort de Pierre, renversé par un fiacre, va briser Marie moralement mais n’entamera en rien son énergie. Parallèlement à la poursuite de ses recherches sur le radium puis sur le polonium et de « la trouvaille extraordinaire de leurs propriétés radioactives et luminescentes » elle succède à son mari à la chaire de physique de la faculté des sciences de Paris. Et sera bientôt conviée à donner un cours en Sorbonne.

A la suite d’observations fortuites, il s’avère que les radiations ont un effet curatif sur les tumeurs. Elle crée l’institut Curie, toujours à la pointe de la recherche aujourd’hui.

Arrive la 1ère guerre mondiale. Marie ne reste par indifférente. Avec sa fille Irène, elle organise un service de radiologie au moyen de véhicules « les petites curie » qui, placés au plus près du front permettront de faciliter le travail des chirurgiens avant le transport les blessés à l’arrière. Dans le même temps, elle emmène le radium à Bordeaux pour le soustraire aux allemands dont les recherches dans ce domaine sont moins avancées.

Elle se rend aux Etats-Unis, elle voyage dans toute l’Europe, elle donne des conférences en Amérique du sud… Les distinctions s’accumulent mais Marie reste « inaccessible à la vanité ».
Une ombre à ce tableau d’hommages. Femme, d’origine étrangère, une liaison avec Paul Langevin, étalée sur la place publique (alors qu’elle était veuve depuis plusieurs années), donna lieu à des manifestations violentes de la part des puritaines de l’époque. Icône de la science, oui mais femme de chair et de sang, non !

Malgré une santé précaire, elle aime l’exercice physique sous toutes ses formes. Elle sera malgré tout, atteinte par la maladie, 1ère opération du rein en 1912, altération progressive de la vue et de l’ouïe… elle mourra en 1934 d’une leucémie et ses funérailles auront lieu à Sceaux dans la plus grande simplicité comme elle avait vécu.

Leur fille Eve avait 91 ans lorsque le Président François Mitterand fera transporter les cendres de Pierre et Marie au Panthéon.

Madame Ravaux a, quant à elle, repris les grandes étapes des découvertes effectuées autour de Pierre et Marie, puis de Marie, par un noyau de scientifiques surdoués dont les travaux vont donner naissance à des applications  inestimables dans le domaine de la physique, de la médecine… Le flambeau passe à la 2ème génération, Irène et Frédérique Joliot,  qui, en 1934, découvriront la radioactivité artificielle. Au contraire de l’enthousiasme de la découverte de la radioactivité naturelle, cette nouvelle avancée s’accompagne de craintes : quel usage peut-on en faire ? Au point qu’en 1939, Frédérique Joliot ne publiera pas ses travaux redoutant des utilisations néfastes !

 

« Les Curie ne déposèrent jamais aucun brevet sur leurs découvertes, car contraires à l’esprit scientifique, considérant que la connaissance doit circuler librement pour le bien de l’humanité ».

 

Les A2MR remercient la municipalité qui a mis une salle à disposition, l’équipe pédagogique et les élèves du lycée Carnot  ainsi que les deux conférencières qui, par leur présentation à deux voix, ont fait revivre les différents acteurs de cette période scientifique effervescente de la 1ère moitié du XXème siècle.

 

Anne-Marie Berrod

 

Michèle Calmels

Michèle Calmels

Suzelle Ravaux

Suzelle Ravaux


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